Le sarrasin (blé noir ou milhmourou en patois)

vendredi 30 janvier 2009
par Raymond Pouy
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Fleur puis fruit du sarrasin - JPEG - 105.8 ko La récolte se fait à l’aide d’une faux composée d’un râteau latéral qui sert à coucher l’andin sur le côté et ainsi faciliter le ramassage et composer une gerbe.

Chaque brassée est posée à même le sol, elle est étalée pour un séchage ultime (variable de 3 à 5 jours) et, ensuite ces mêmes brassées sont rassemblées en alternance avec la graine à gauche puis à droite afin d’équilibrer son poids (la charge sur le dos est l’équivalent de 20 à 50 kg suivant le volume) et éviter ainsi moins de perte de graines pendant son transport (la trépidation accentue la tombée de la graine) .

Jeannot Esquerre fauche le sarrasin à la faucille et aussi à la faux à rateau - JPEG - 166.5 ko

Vu la situation des terrains cultivés, du reste tous pentus avec comme seul accès la marche à pied, la manutention s’effectuait à dos d’homme jusqu’à la première grange foraine.

Une baude ou couche de bouses de vache séchées était utilisée pour exécuter le battage au fléau et faciliter le trie de la jambe du sarrasin de son blé noir avec la fourche en bois à trois dents, le râteau de bois à 5 dents et le balai de branches de buis.

A Cadeilhan-Trachère, l’on préparait la cour et, ou la place du village avec de la bouse de vache mélangée à de la terre (humide et ensuite malaxée) qui une fois répandue et séchée garantissait un bon support (solide et flexible) pour dépiquer. On l’appelait "la bodo", nom patois.

Plus tard, le coup de balais sur une toile (tissée style "abrigue des vaches" ou synthétique) parfaitement étalée à même le sol suffisait pour faire un battage propre.

A la faux et de face, Jeannot Esquerre laisse debout la brassée facile à emporter et poser sur le sol pour le séchage recommandé - JPEG - 57.1 ko Le fléau (eslayet) était l’instrument de prédilection, l’incontournable fléau se décomposant en trois parties essentielles : le manche (mahillo), la courroie (courrey) et le battoir en buis (era berguèro). Cette courroie se fixe par une ligature en cuir autour du manche. De 5 à 7 fléaux il fallait pour former une équipe de battage qui se mettaient à frapper en cadence en tournant autour des gerbes préalablement étalées sur le sol.

La pailhère ou meule de paille et en premier plan le rateau aux grandes dents en bois - JPEG - 521.9 ko Bentadé ou ventilateur à grain - JPEG - 323.5 ko

Et un bentadé ou ventilateur faisait le reste pour épurer les quelques pétales et feuilles séchées du résultat obtenu. Le passage sur un tamis était indispensable pour le moulin à pierre et dissocier le grain des petits cailloux ou schistes, véritables intrus pour la farine dont l’aspect est blanchâtres et parsemée de fines pellicules noirâtres (poche de la graine).

Les autres grains sont stockés dans une caisse en bois ou était entreposé pendant l’hiver la récolte de poires ou pommes afin de mieux les conserver et plus longtemps. Les restes si mal triés était donné à la volaille gourmande de grain.

La paille ou jambes étaient distribuées aux vaches qui donnaient du lait très riche, très coloré et odorant. Autre gourmandise des familles « le pastet », association de farine et eau mis à cuisson – surveiller que ça ne s’accroche pas !


Et puis la modernisation a valu l’invention du tambour actionné par un manège à vache (1870),

Le manège à vache (1870)


et le même caisson et tambour actionné avec une paire de manivelles (1900), puis l’apport d’une poulie entraînée par un moteur Bernard – mais toujours l’ handicap de faire le tri à la sortie de la machine.


Batteuse AMOUROUX actionnée par 2 manivelles - JPEG - 387 ko Batteuse à moteur BERNARD - JPEG - 321.1 ko

Euréka ! en 1950 naît la Rolls du battage qui montée sur 4 roues en fer, amenée et actionnée par un tracteur produit en un seul mouvement le tri de la paille et du grain déversé dans des sacs de jutes – quelle aubaine – reste à tamiser pour la farine – et à ramasser la paille sur le devant. Madame GARIN sera la bienvenue, elle sera tractée pour visiter chaque ferme, elle sera bichonnée et va élire domicile dans le hangar communal pendant des décennies. Elle était, pendant les derniers temps de ses services rendus actionnée par un moteur électrique relié par une courroie en cuir tendue et alignée comme il se doit pour faire fonctionner la déesse.

Batteuse "GARIN" de 1950 (trieuse)

40 ans après, le dur labeur s’est éteint et le comité des fêtes de Cadeilhan-Trachère en a fait sa fête aux traditions et une mascotte en est né, elle se prénomme "rampouillet" qui vient de Raymond (ram) et pouillet de Pouy nom de famille, nom de baptême trouvé par Louis Vidalon le jour même de la dixième batère.

La mascotte de la batère "rampouillet" - JPEG - 475.3 ko

RPouy



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Documents joints

Le petit journal _ article de presse de (...)
Le petit journal _ article de presse de (...)
Le petit journal _ article de presse de JPCrouau sur le lancer de l’espadrille et du battage à (...)

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